Playing dice with Stephen Hawking

25.01.2013

Du sucre, comme si la fin du monde nous attendait au coin du feu, à l’heure du thé. Le matin moi j’suis plutôt café. Çà ne change rien tu me diras, si liquide il y a, je fonds…

Laura Gozlan, ou comme une certitude de l’influence des rayons gamma sur la terre.

— Pourquoi Stephen Hawking ? — Certainement parce qu’il est paradoxalement ironique. — Et pourquoi l’anglais ? — Parce qu’a spoonful of sugar helps the medicine goes down beaucoup plus facilement qu’un morceau de sucre n’aide la médecine à couler si tu veux mon avis. — Et pourquoi cette certitude déjà ? Où était-ce une remise en cause ? — C’est une vraie question qu’tu m’poses là ? — Pourquoi ce besoin de colonisation alors ? — Parce que la fin, ici sur terre, est imminente. — Non mais tu vas quand même pas croire à ces conneries ? — Ben si. — Et pourquoi la conquête de l’espace ? — Ben parce qu’on va quand même pas faire comme les dauphins et retourner sous l’eau, si ? Tous des connards, ces dauphins. Pis faut toujours que le singe se croie plus malin que les autres. C’est peut-être parce qu’il l’est, plus malin, au final. — Non je n’crois pas. Il est politique. — Les fourmis et les guêpes aussi, non ? Y parait qu’si les rats avaient la taille des chiens, on s’rait sérieusement dans la merde. D’ailleurs, nous n’sommes pas tous né de la dernière pluie, si ? Et quand bien même, s’il suffisait à certains d’avoir vu les premières, celles-là même qui les ont accouchés, j’suis au moins certain d’pas être le dernier à voir s’abattre le courroux des dieux sur terre. Allez arrête avec tes questions.
— Bah qu’est-ce t’as, t’es tout blanc ? T’as peur ? — Oui. — Bah t’es pas en sucre quand même. — Ben si, justement. — Comme si tu savais pas qu’c’était irréversible, depuis le début. On te l’a jamais caché. C’est comme ça. Allez arrête, ca passera et on recommencera. C’est l’cycle de la vie. — De quoi ? Qui on ? — Nous. Enfin pas nous, mais l’Homme, l’humain, la race quoi. Et puis, ici ou ailleurs, qu’est-ce que ça change de toute façon ? — Oui mais quand même, on fait quoi de la sélection naturelle alors ? — Sérieusement, dans tout ça, pas l’temps de laisser du temps au temps. Faut vivre avec son temps justement. Folamour l’a décidé, et peu importe, elle est plutôt culturelle ta sélection. On va quand même pas envoyer des crétins peupler l’espace, non ? Y en a déjà assez ici tu crois pas ? Pour assurer l’avenir de l’humanité, y faut des bases solides, déjà qu’le sol est tremblant, imagine qu’on envoie des cons, ils creusent la brèche, et bim, en dix minutes tout est fini. Allez, dors. Le cosmic latte ? Tu vas bientôt y arriver. Ensuite on s’occupera du reste. — Quel reste ? Comment ça ? J’comprends pas. — De repeupler. — Hein ? — T’occupes. Çà va pas durer bien longtemps, c’est moi qui te l’dis. Au fait, au début ça risque de faire un peu mal, le temps de s’habituer, tout ça, mais c’est normal. Allez, n’y pense plus j’te dis. Quoi qu’il en soit tu t’en souviendras pas.

Clément Gagliano